Basse-cour avec tourterelle vivante est l’un des deux grands triptyques que Raveel réalise dans la première moitié des années 1960, l’autre étant La terriblement belle vie de 1965. Il s’agit d’une œuvre picturale au contenu complexe, un tableau exaltant qui déborde de tension et de contraste dans un univers idiosyncrasique. La tourterelle vivante dans la cage – qui est retirée de l’œuvre désormais – engage un dialogue avec son congénère peint à droite en train de s’envoler, alors que le bleu insondable rompt le caractère terrestre des trois volets. Les suggestions de piliers – ces éléments verticaux récurrents dans la plupart des œuvres de Raveel – renforcent la sensation d’espace et de débordement du tableau dans son environnement. Des couleurs vives et intenses contrastent avec des couleurs ternes et boueuses. Cette œuvre annonce la fin de la période lyrique abstraite de Raveel : à partir de ces années, il va combiner des zones abstraites et des motifs figuratifs concrets qu’il avait représentés jusqu’au milieu des années 1950.
